Penser critique

Une boîte à outils pour trier le vrai du faux et résister aux tentatives de manipulation.


Ce site, qui recense les publications sur la page Facebook Kravmédias – Désinformation et mésinformation : ne soyons pas complices, est né de la volonté d’offrir une sélection de ressources destinées à servir les membres du monde éducatif désireux d’aider les jeunes à aiguiser leur esprit critique et se protéger de la désinformation. La curation de contenu s’adresse a priori aux enseignants, animateurs en maison de jeunes, etc., tout en restant suffisamment généraliste pour être ouverte à tous. L’objectif du site est de présenter ces ressources classées par thématique de façon à ce que d’une part la communauté éducative (mais pas que) puisse y trouver des sources d’inspiration pour des activités pédagogiques et, d’autre part, que les étudiants puissent y trouver des ressources pour leurs travaux. Sans oublier les citoyens lambda qui ont simplement envie de développer leurs compétences en auto-défense intellectuelle


Concernant l’éducation à cette auto-défense intellectuelle, l’accent devrait être mis sur la transmission d’une démarche et non sur une approche par la réfutation. L’objectif est de rendre l’élève autonome, de lui donner des clés qu’il pourra lui-même réutiliser dans le cadre de sa navigation et de sa vie privées. Il ne s’agit pas de contre-argumenter mais d’enseigner à faire la distinction entre fait et interprétation, à distinguer croyance et connaissance, à évaluer la fiabilité d’une information et des « preuves » apportées. Tout en insistant sur le fait que c’est en se confrontant à des points de vue différents qu’on évolue, pour autant qu’on ne soit pas dogmatique et qu’on n’ait pas envie d’avoir raison, envers et contre tout (et/ou tous). Ce qui est également l’occasion parfaite de rappeler qu’un débat est idéalement constructif et collaboratif : un débat où l’objectif n’est pas d’avoir raison, mais d’éclaircir ensemble un sujet plus ou moins complexe ; un débat où on écoute attentivement notre interlocuteur, en essayant de comprendre les raisons pour lesquelles il pense de telle ou telle manière, et non en attendant le moment où on pourra « contre-attaquer ». Dans une société aussi clivée que celle dans laquelle nous évoluons, ce petit rappel ne devrait pas faire de tort…


La lutte contre la désinformation est d’une importance capitale, les conséquences de la prolifération de fausses informations étant néfastes tant pour l’individu que pour la société. Elle empêche le citoyen de prendre une position réfléchie dans le débat démocratique, elle le déresponsabilise (« pourquoi s’engager si de toute façon les illuminatis contrôlent tout »), a un impact sur la santé publique (« les vaccins causent l’autisme : je ne vaccinerai donc pas mon enfant ») , etc. De plus, elle est souvent accompagnée en filigrane d’incitation à la haine et a donc un impact désastreux sur le vivre-ensemble. Il est donc farouchement nécessaire de fournir dès le plus jeune âge des outils pour s’en prémunir. Encore une fois, la prévention est la seule véritable solution à moyen terme puisque face à une personne qui a choisi de croire (quelles que soient ces croyances : la terre est plate, le sida n’existe pas, etc.) il est bien souvent déjà trop tard : cette personne est embrigadée, un prisme déformant le réel est solidement installé et tous les efforts pour la ramener à la raison ne pourront que la conforter dans sa croyance.